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Les enchanteurs

De James Ellroy

Chroniqué par Johann C. Schneider
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Imaginez un éditeur français publiant, de nos jours, un roman qui, sous couvert de fiction, traînerait dans la boue Simone Signoret et le général de Gaulle. C’est un peu ce qu’a fait James Ellroy en déboulonnant consciencieusement les statues de Marilyn Monroe et de John F. Kennedy.

 Son roman est un véritable jeu de massacre dont personne – y compris le narrateur et personnage principal – ne sort indemne. Ellroy fait un pari risqué, car ses personnages ne sont pas des créatures de papier mais des individus ayant réellement existé. Outre Marilyn et JFK, on croise ainsi Jimmy Hoffa, Darryl F. Zanuck, Roddy McDowall (le Cornelius de La planète des singes…)

Parvenu au tiers du livre, j’étais définitivement perdu dans les arcanes d’une intrigue passablement improbable et que je serais incapable de résumer ici. Elle ne présente d’ailleurs qu’un intérêt limité, rapidement reléguée au second plan par le style foisonnant de James Ellroy.

J’ai donc supporté vaillamment 650 pages d’une prose disruptive et foutraque, desservie de temps à autre par l’embarras visible des traductrices devant des américanismes (ou plutôt des Ellroyismes) qui auraient peut-être été plus intelligibles en version originale.

 J’ai refermé l’ouvrage avec un sentiment diffus de « tout ça pour ça ? ». Un peu comme une montagne accouchant d’une souris ou, pour rester dans la métaphore cinématographique, comme la Paramount accouchant de Mickey Mouse.

 Admettons que le propos du roman soit de proposer un portrait implacable et cynique de certains pans de la société US à une époque donnée. Dans un style plus apaisé, plus structuré mais non moins corrosif, on me permettra de préférer Douglas Kennedy.


Publié le 08/07/2026