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Démon Émotionnel
La Nuit du Chien Rieur

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Quand la nuit tombe sur le désert de cendres, le monde se fige. Un vent s'élève, si glacial qu'il semble drainer la vie des os. J'allume un feu avec les débris de mon passé, mais les flammes sont noires et sans chaleur ; elles ne parviennent pas à mimer la lumière, elles ne sont qu'une vaine danse dans une obscurité qui refuse d'être éclairée.

C'est alors que le tourment commence.

D’abord, le silence est brisé par des voix distordues. Elles ont le timbre de ma mère, l'accent de mes proches, mais leurs mots sont corrompus, comme une mélodie jouée à l'envers. Puis viennent les griffes. Invisibles dans le noir, elles déchirent ma peau, marquent mon visage, rappelant chaque blessure, chaque harcèlement, chaque cercueil ouvert.

Et enfin, ce bruit. Un bruit sec, osseux. Le rire.

C’est un rire de hyène, un ricanement de chien sauvage, mais lorsqu’il émerge enfin de l'ombre, je vois l'horreur : une mâchoire dotée d'une dentition humaine, trop blanche, trop parfaite pour cette bête. Le Démon s'approche, son souffle fétide éteignant les dernières braises de mon feu inutile.

Il se moque de ma résistance. Il murmure sa prophétie sombre à mon oreille :

"Un jour, petite reine, tu cesseras de lutter. Ce jour-là, tu deviendras le brasier. Tu brûleras ce monde qui t'a brisée, tu consumeras chaque ville, chaque visage, et tu finiras par te consumer toi-même dans l'éclat de ta haine et de ta tristesse."

Il rit encore, ce bruit sec de dents qui s'entrechoquent, attendant que la Reine cède enfin à l'appel des flammes.

Publié le 01/03/2026
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