Dans le creux de ma main qui n’est jamais fermée,
Tes joues tournent au carmin sous mes yeux charmés.
Je te regarde encore, à nue,
Et j’effleure ton corps comme un corps inconnu.
Chaque jour abandonne une autre découverte,
Ma peau, je te la donne car ta peau m’est offerte,
L’adorable frisson que ta chair aime tant
Suit mes doigts polissons et rêveurs, et pourtant,
Laisse-moi de mes yeux te rêver,
Laisse-moi de mes doigts te trouver,
Laisse-moi de mon corps te lover,
Laisse-moi de ton cœur m'élever,
Le voyage est sans fin, ta parure infinie,
Ton goût et ton parfum... je me sens démuni.
Tout est à découvrir, et toi,
Laisse-moi t'entrouvrir... Ne dis rien. Apprends-moi.
Laisse mes doigts lever doucement ce grimoire,
Doucement soulever cette précieuse moire
Qui couvre encore ta peau de drapage
En guise d'à-propos, et laisse-moi tes pages.
Et laisse-moi te lire comme cette œuvre ancienne,
Tant et tant te relire qu’elle en devient la mienne,
Et pourtant qui m’enivre à mourir,
Laisse-moi de ton livre à jamais me nourrir…
Et fasse que tes yeux, en devenant anciens,
Ne soient jamais trop vieux pour regarder les miens,
Qu'ils m'enivrent encore à mourir,
Laisse-moi de ton corps à jamais me nourrir...