Etions-nous si invincible ?

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Ce texte participe à l'activité : Écrire sur cet âge mythique : 20 ans

« A 20 ans, on est invincible à 20 ans, rien n’est impossible, on traverse les jours en chantant… ». Les enfants des années 2000 reconnaîtront cette chanson phare de la chanteuse Lorie qui évoquait comment on se sentait à cet âge dit le bel âge.  

Si je devais parler de ce que c’est d’avoir 20 ans, je me devais de parler de cette icône de mon enfance qui, à travers cette chanson devenue culte, a fait germer en moi cette vision idéalisée de la vingtaine : libre, forte et joyeuse. Et pourtant, s’il y a bien un âge compliqué ponctué d’ascenseurs émotionnels et de ressentis forts, c’est bien celui-là. Qui se connait vraiment à 20 ans ? A cet âge, nous apprenons à nous connaître dans ce flou écrasant. Comme dans un chantier en construction, nous sommes là, branlants, chancelants, dans nos fondations que l’on questionne ? Est-ce le beau terrain ? Devrais-je voir ailleurs ? A 20 ans, la rencontre la plus horrifiante et la plus belle que tu vas faire, c’est avec toi. Tu sors de la zone de l'autodétestation de l’ado, tu vas commencer par te comprendre et à plaire, de crier sur ce que tu trouves injuste mais avec des mots plus forts, plus pertinents, d’agir, d’oser, te ramasser et recommencer. Tu es administrativement et civilement une adulte avec des droits et des devoirs mais tu es encore la petite fille qui rêve de courir dans le jardin sans que l’on attente d’elle quoi que ce soit. Il y a une chose de vrai, c’est que l’on vit très fort sans modération et dans la déraison ! Tout est trop beau et trop laid. Nous ne pouvons pas vivre l’un sans l’autre mais nous nous déchirons pour un rien. Bâtir et tout foutre en l’air. Cet âge où l’énergie est à son plus haut niveau nous plonge dans une grande vulnérabilité car un détail nous fait vaciller. Loin d’être de la bêtise et de la naïveté, nous vivons nos premières fois dans toutes les parts de notre existence où nous recevons sans recul et sans filtre tout ce qui nous incombe. Plus tard, nous regarderons ce drame d’antan avec un air détaché lâchant cette fameuse phrase de vieux cons : « Oh ! Ce n’est rien ! On en a vu d’autre ! ». Et non, ce n’est pas rien mais il y en aura d’autres des moments beaux et foireux, des moments plus durs à se remettre, des moments que l’on ne penserait jamais en revenir, de l’inattendu, des deuils et des naissances que l’on ne se remet pas.  C’est un âge où tu affrontes tes premières tempêtes comme capitaine. Il est bien long l’orage quand on est seule sur ce que l’on pensait être un bon paquebot.   Des événements qui nous bousculent et basculent en accélérant notre mue. Un jour, tu te retourneras et tu riras en repensant à ce beau bordel, ces années-là !  

A 20 ans, ce n’est que le début des tumultueux beaux jours.


Publié le 02/04/2026 / 2 lectures
Commentaires
Publié le 02/04/2026
Invincibles et fragiles à la fois.
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