Si l’obstacle saillant d’un passé suranné
A su me soutenir, et ce, quelques années,
Me rendant hydrophobe à l’avancée du temps
Avec une bouée, avec un cabestan,
Si l’écueil solitaire au doux lit de violettes
De ma folle apathie qui lentement volette,
A su me rendre las de ma triste raison
Au point de n’être plus qu’une infime oraison,
Et si l’instinct brutal d’un mouvement pensif
A su me prémunir d’un opulent récif
Qu’ont dressées devant moi les sombres traditions,
Les sombres habitudes et autres perditions,
C’est que de mes cheveux au bout de mes orteils,
De mon cœur atrophié au fond de mon oreille,
Des rêves de futur aux traces de mes pas,
J’ai la conviction que je n’existe pas.