Jacques a quatre ans. Ses parents
Ne cessent de se disputer. Il les entend.
Une marque jaune apparait
Sur son corps à chacun de ces faits.
Ils ne remarquent rien et ne cessent de se déchirer.
Les marques finissent par devenir bleues sans arrêt.
À la crèche, les professionnels s'en rendent compte
Et veulent faire un signalement, mais ont peur de la honte.
Martine sent que cet enfant n'est pas frappé
Par une main humaine mais par une douleur happée
Ils ne peuvent rien faire
Cet enfant sait se taire.
Jean a quarante ans. Aveugle depuis toujours
Il perçoit le monde différemment sans voir le jour
Lorsqu'il entend une belle voix, il tombe amoureux
De cet être qu'il croit être l'objet de ses vœux.
Sans cesse il se fait persécuter
Par les petits jeunes du quartier.
La raison : ils ont peur qu'il voit plus loin
Que les autres du coin
Avec son hypersensibilité, il peut deviner,
D'avance, ce qu'ils vont combiner.
Jean et Jacques ne pouvaient pas se rencontrer
Pourtant grâce à la magie de ces contrées
Que sont celles de l'écriture
C'est maintenant sûr,
Ils sont enfin réunis
Pour nous montrer, unis,
Ce qu'est l'hypersensibilité
Sans autre forme de procès.