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La Promesse du Destin
Partie 2

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J'ai dormi toute la journée... une fois rentré hier, je n'arrivais vraiment pas à fermer l'œil, alors j'ai travaillé toute la nuit. Je me suis finalement endormi sur mes dossiers vers six heures du matin, incapable de me réveiller ensuite. Quand j'y pense, ça m'arrangeait bien... Si j'avais ouvert les yeux, je serais sans doute allé au bureau, ce qui signifie risquer de la croiser. Je pousse encore un long soupir en me retrouvant devant la maison. J'ai oublié des dossiers sur mon bureau, mais je ne devais normalement pas travailler de chez moi aujourd'hui. Enfin bref, j'ai pris mes précautions en venant une heure après leur départ d'hier pour être sûr de ne croiser personne. Pourtant... pourquoi ai-je pris ce bracelet ? C'est quelque chose que j'ai toujours voulu lui offrir, mais je n'ai jamais trouvé le bon moment. Et là, c'est probablement le pire moment, surtout après ma réaction d'hier. De toute façon, la question ne se pose pas. Ils sont déjà partis.

Une fois arrivé dans mon bureau, je récupère mes dossiers et jette un œil au canapé. Elle est venue... je suis certain de l'avoir fermé avant de partir. Je pouffe amusé, avant de me diriger vers le bureau de monsieur Valygaut pour déposer quelques dossiers que j'ai finalisés durant mon insomnie. Mais une fois dans le hall...

- Félicity...

Elle se retourne doucement, et je sens l'air se raréfier, comme si mon cerveau s'arrêtait brutalement, incapable de traiter ce qui se déroule devant moi. Dans sa robe sirène bleu saphir, elle avait l'allure d'une princesse sortie tout droit d'un conte de fées. La couleur de la mer lui allait à merveille. Son dos nu, orné d'un bijou en forme d'étoile de mer, était une véritable invitation au rêve. Les bretelles fines, presque invisibles, accentuaient la beauté de ses épaules. La coupe sirène, moulante et élégante, soulignait la perfection de ses jambes. Avec ses cheveux tirés en arrière, elle semblait flotter sur l'eau...

- Je... je repasserai plus tard. Bonne soirée !

- Arrêtez-vous !

Je me fige... Je n'arrive pas à me retourner. À quoi je pense ? Elle est comme une petite sœur, n'est-ce pas ? C'est comme ça que je la perçois, non ? Si ce n'est pas le cas, ça... ça serait horrible... n'est-ce pas ? Je l'ai vue mille fois en petite tenue, endormie, avec de la bave aux lèvres. Oui, c'est cette Félicity que je connais. Maintenant, retourne-toi !

- Que voyez-vous lorsque je suis habillée comme ça ?

- C'est quoi cette question... ?

- Je ne sais pas, mais ce n'est pas une réponse... suis-je jolie au moins... ? J'ai l'impression que vous n'aimez pas...

Elle attendait, son regard ancré dans le mien, comme si ma réponse pouvait changer quelque chose d'essentiel. Je sentais la chaleur me monter au cou, mes mots s'embrouillant dans ma tête. « Jolie » ? Ce mot semblait bien trop faible. « Magnifique » peut-être... mais est-ce vraiment ce que je devrais dire ?

- Pardon... Je...

- Vous êtes plus que jolie... vous... vous êtes vraiment sublime, mademoiselle...

Pourquoi l'avoir appelée mademoiselle ?! Elle a baissé ses yeux, mais j'ai eu le temps de voir à quel point je l'ai vexée en l'appelant ainsi. Excuse-moi... je ne peux pas te dire ouvertement que tu me fais perdre la tête, que je te trouve si différente... je ne sais pas ce qui m'arrive en ce moment... je ne peux pas te fournir une explication.

- « Mademoiselle », je vois... pourquoi vous n'étiez pas là aujourd'hui ?

- J'ai travaillé toute la nuit et je ne me suis endormi que ce matin... mais pourquoi êtes-vous toujours ici ? Vous devriez être à la soirée à cette heure.

- J'ai inventé une excuse pour pouvoir venir un peu plus tard. Je voulais vous voir avant d'y aller...

- Si, je n'étais pas venu... ?

- J'aurais été obligé de venir chez vous.

- Vous ne connaissez pas mon adresse.

- Détrompez-vous.

- Parfois, vous êtes flippante...

- Ça vous dérange ?

- Non, je vous connais assez maintenant. Enfin... je crois.

- Vous me trouvez différente ?

- Un peu... beaucoup.

- Est-ce que cela change votre façon de me voir... ?

- Comment ça ?

- Est-ce que vous me considérez toujours comme votre petite sœur habillée comme cela ?

Sa question me transperce en plein cœur, et son regard sérieux me fait perdre tous mes moyens. Qu'est-ce que je suis censé répondre ? Que dois-je faire ? Pourquoi cette question me terrifie-t-elle autant ? Pourquoi est-ce que mon cœur s'emballe, malgré moi ? C'est son visage, sa voix, son parfum... alors pourquoi ? Qu'attends-tu de moi, Féli ? Les mots restent bloqués, coincés quelque part entre mon cœur et ma gorge. Je ne sais pas quoi dire.

- Excusez-moi... je n'aurais pas dû vous poser cette question. Je ferais mieux de m'en aller.

- Attendez ! Je... j'ai quelque chose pour vous.

Autant lui donner, je ne crois pas que ça rende l'atmosphère encore plus tendue qu'elle ne l'est déjà. Je finis par lui tendre la boîte, mes mains tremblent. C'est horrible.

- Cela fait très longtemps que je voulais vous l'offrir. Je ne connais pas votre date d'anniversaire et je n'ai jamais trouvé le bon moment pour vous l'offrir...

Elle est de nouveau muette. Elle regarde longuement la boîte, elle finit par la prendre pour l'ouvrir. Ses yeux se mettent d'un coup à scintiller.

- Je... !

- Vous ne l'aimez pas ? Vous n'êtes pas obligée de le mettre, c'est un vieux bijou. Je comprendrais si vous ne le trouviez pas joli, mais... les pierres me rappellent vos yeux, alors...

- Il est magnifique ! Mais... je sais que mon père ne vous paie pas assez... je ne peux pas l'accepter...

- Quoi ? Ne dites pas de bêtises. Ne pensez pas à ça. C'est un cadeau. C'est pour vous remercier pour toutes ces années où vous m'avez forcé à me reposer ou encore à me nourrir. Mais aussi de m'avoir laissé me plaindre aussi souvent...

- ... vous me le mettez ? Il ira bien avec ma tenue.

Finalement, peut-être que c'était le bon moment pour lui offrir. Cela m'a presque fait oublier toutes les questions qui tourbillonnaient dans ma tête.

- Je dois y aller, mais s'il vous plaît, venez demain à la première heure, s'il vous plaît.... J'ai quelque chose d'important à vous dire.

- Quoi ? Pourquoi ne pas me le dire maintenant si c'est si important ?!

- Parce qu'il faudra que nous en discutions, ce que j'ai à dire... ça pourrait changer beaucoup de choses. Mais je ne veux pas en parler ici, pas maintenant. Pour l'instant, je dois me rendre à cette fichue soirée ! S'il vous plaît, venez, promettez le moi !

- Je vous le promets !

La voilà partie. Finalement, toutes les questions que je me pose à son sujet ont commencé quand est ? J'ai toujours été absorbé par ma carrière, je n'ai jamais été proche de qui que ce soit avant elle. Je me répète, je sais, mais c'est un fait : j'ai littéralement passé toute ma vie à travailler pour échapper à mon destin. J'ai rencontré diverses personnes, j'ai vu des liens d'amitié comme d'amour se créer, mais aussi se détruire. Je n'étais que spectateur de tout ça et encore un spectateur absent, comme lorsqu'on met une vidéo en fond sonore. Tu entends, mais tu n'y prêtes pas vraiment attention. Toute ma vie, les autres autour étaient un fond sonore. Avec ça, le travail en équipe était compliqué pour moi. J'avais du mal à me faire comprendre alors, je finissais par travailler tout seul et ça m'arrangeait bien, même si je me prenais pas mal de pénalités à cause de ça. J'ai tout de même réussi à être major. (Oui, j'aime bien le répéter.)

Pourquoi avec Féli tout est-il si différent ? Notre lien s'est créé sans qu'on ne le veuille forcément... On discutait à travers de petits mots laissés sur le plan de travail de la cuisine pendant toute une année. Une fois monté en grade, je la voyais un peu plus souvent du coup, on se parlait de vive voix et il n'y a jamais eu de gêne que ça soit pour elle ou pour moi. Je n'ai pas d'explication... car en soi, les gens autour sont toujours en fonds sonore, je ne comprends toujours pas les sentiments des autres... suis-je égoïste finalement ?

Bref, vu que je suis ici, autant continuer à bosser ça m'aidera sans doute à penser à autre chose...

Publié le 12/07/2026 / 10 lectures
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