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La Promesse du Destin
Partie 8

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Je me suis efforcé de planifier chaque rendez-vous avec une précision presque maniaque. Monsieur Valygaut m'a donné tout un plan à suivre pour que les prétendants soient à l'aise, listant même leurs préférences personnelles. Plus je préparais ces rencontres, plus je réalisais qu'il semblait mieux connaître ces hommes que sa propre fille. Cette pensée m'exaspérait. Les candidats étaient soigneusement sélectionnés selon des critères rigoureux ; statut social, richesse significative, influence. Aucun d'eux ne sait qu'ils sont en compétition pour conquérir Félicity Jones Valygaut. Il la traite comme un prix à gagner, et cela me dégoûte profondément. Quant à Féli, elle m'en veut toujours depuis notre dernière discussion. Elle finissait toujours par atterrir dans mon bureau, mais ne disait absolument rien. D'ailleurs, si je prononçais, ne serait-ce qu'un mot, elle partait immédiatement. Alors, je me taisais, tout comme elle.

L'heure des rendez-vous a enfin sonné. Durant plusieurs jours Féli, va devoir rencontrer trois hommes...

Le premier prétendant était un jeune homme à la posture arrogante, parlant sans cesse de ses accomplissements et de ses propriétés. Félicity semblait polie mais distante, et moi, je ressentais chaque sourire forcé comme un coup de poignard.

Le deuxième prétendant était charmant, et Félicity semblait réellement intéressée, même si elle gardait toujours une distance prudente. J'observais de loin, chaque rire et chaque échange de regard entre eux. Cela me pesait affreusement, je m'efforçais de rester neutre, même si l'idée que Félicity pourrait vraiment s'intéresser à quelqu'un d'autre était insupportable. Je ne pensais pas être du genre jaloux, mais... quand j'y pense, est-ce que j'ai forcé la main à Féli intentionnellement ? Peut-être que j'ai voulu tester son amour pour moi ? Je suis ne suis rien comparé à eux et j'en ai conscience.

Le troisième prétendant était un peu un mélange des deux autres. Monsieur Valygaut l'affectionne plus particulièrement, nous nous sommes déjà rencontrés plusieurs fois. Chaque fois qu'ils se croisent, ils se comportent toujours comme père et fils. Cela m'a toujours choqué vu son tempérament froid. Je ne l'apprécie pas, c'est le genre de personne qui attire les autres pour mieux les manipuler ensuite.

- Je ne m'attendais pas à sa venant de la fille d'Alexander.

- À quoi vous attendiez-vous ? À une fille qui acquiesce en silence, genre 'sois belle et tais-toi' ?

Il explose de rire, à chaque rendez-vous Félicity prend en assurance. Elle m'impressionne, comme toujours.

- Non, pas du tout. Je vous imaginais timide et réservé, d'après ce que votre père m'a dit sur vous et surtout les rumeurs, j'avoue.

- Oh, je dois en conclure que vous êtes donc du genre à écouter les rumeurs et peut-être à les colporter aussi... ?

- Je ne suis pas de ce genre, mais on sait si peu de choses sur vous, sauf par ces rumeurs. Je n'étais pas présent durant les galas cela m'a bien attristé et j'avais hâte à l'idée de cette rencontre. J'ai été trop impatient, alors j'ai un peu fouillé. Veuillez m'en excuser.

- Je vous excuse... c'est vrai que je ne me montre très peu. Je souffre d'anxiété depuis mon plus jeune âge, c'est pour cela...

Mon cœur rate un battement. Elle lui a dit ça ?! Elle n'en parle jamais. Ce type est vraiment fort. Mon sang commence à bouillir. Mes poings se serrent, mes ongles s'enfoncent dans mes paumes. Je sens la colère monter en moi, un feu qui me brûle de l'intérieur. Mon regard ne peut pas se détacher d'eux, de ce sourire qui ne devrait pas être là, de ces mots qui ne devraient pas être prononcés. Je ne supporte pas ça. Pas une seconde de plus. J'ai envie de lui hurler de s'éloigner d'elle, de la laisser tranquille. Je me retiens parce que je sais que si je craque, c'est fini pour moi. Mais c'est si insupportable... Ma respiration s'accélère, mon cœur bat si fort que je crains qu'ils l'entendent. La jalousie me ronge. Je voudrais les interrompre, mais je suis piégé. Coincé dans ce rôle que je déteste, à jouer le spectateur de ma propre humiliation.

- Vous semblez être difficile à convaincre, Félicity. Est-ce parce que vous avez déjà quelqu'un en tête ? Après tout, c'est votre père qui organise et non vous qui l'avez décidé, à ce que j'ai crus comprendre.

- Disons que je ne me contente pas du premier venu et que cela agace mon paternel.

- Mmm, je vois. D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de croiser votre père lors de sa conférence la semaine dernière. J'ai trouvé bizarre que son assistant habituel n'était pas présent. C'est lui qui a organisé tout ça, non ? Comment s'appelle-t-il déjà...

- Sacha...

- Oui, Sacha !

Il sourit comme s'il venait de trouver une pièce rare.

- Votre père m'a dit qu'il était prêt à tout pour gravir les échelons. J'ai entendu dire que c'est un acharné du boulot. C'est bien dommage qu'il se retrouve à simplement organiser ce genre d'événements. Mais, à la place de votre père, je l'aurais renvoyé après vous avoir approchée...

Chaque mot est une lame qui s'enfonce un peu plus dans ma chair. Je sens une colère sourde, incontrôlable, enfler en moi. Pourquoi lui parle-t-il de moi ? Pourquoi me rabaisser ainsi, comme si je n'étais rien d'autre qu'un obstacle sur sa route ? Je dois me calmer, ne pas lui donner la satisfaction de me voir réagir. Mais c'est si difficile... mes mains tremblent. Je serre les dents, essayant de retenir l'explosion qui menace de tout emporter. Je ne peux pas lui faire ce plaisir. Pas maintenant.

- Qu'insinuez-vous ? Je suis une grande fille, je n'ai pas besoin que quiconque vient me dire qui je dois approcher ou non.

- Oh, je m'en doute bien. J'ai trouvé cela juste désespérant. Il avait l'air compétent, pas besoin d'aller séduire la fille du patron.

- Je crois que nous allons nous arrêter là.

- Allons, Félicity.

Il pose sa main sur la sienne, un geste faussement amical. Et là, je n'en peux plus. Je sens mes jambes bouger d'elles-mêmes, prêtes à franchir la distance qui nous sépare. Mais avant que je n'aie fait un pas, Félicity se lève brusquement et, sans hésitation, lui assène une gifle retentissante.

- Je ne suis pas un jouet, ni un objet que vous allez pouvoir manipuler à votre guise une fois que je vous appartiendrai ! Vous ne savez rien de moi. Ni de mon père. Et encore moins de Sacha.

Le silence s'abat dans la pièce, épais et lourd. Une vague de fierté, mêlée à la colère qui bouillonne encore en moi, m'envahit. Félicity reste droite, ses yeux flamboyants, ne laissant aucun doute sur ce qu'elle pense de cet homme. Elle finit par tourner les talons pour me rejoindre. Elle me prend par le bras, et nous quittons le restaurant que j'avais entièrement réservé. Nous montons dans la limousine et nous nous asseyons sans un mot. Nos regards se croisent, longtemps, sans que l'un de nous sache quoi dire. Je finis par briser le silence...

- Je vais appeler le chauffeur... il m'a demandé de le prévenir quand nous partions.

- Non, ne l'appelle pas. Pas encore...

Félicity se rapproche de moi, en montant sa robe délicatement pour se poser en califourchon sur mes jambes. Ses mains se posent sur mon visage, mais je reste immobile. Mon sang est encore en ébullition. Je lui en veux ? Ce serait injuste de ma part après tout, c'est moi qui ai organisé ses rendez-vous. Mais je suis jaloux... j'aimerais garder pour moi seul ses sourires, ses regards, tout son être ! Voilà que je me comporte comme un être possessif. Je déteste ce qui me traverse à l'esprit, mais... je n'y peux rien, tout est nouveau, toutes mes sensations sont décuplées et de mauvaises pensées refont surface. 

Je suis perdu dans mes réflexions quand elle m'embrasse soudainement, passionnément. La rage que j'ai voulu contenir, mes pensées que je n'arrive plus à contrôler, se transforment en quelque chose d'autre. Mes bras s'enroulent autour d'elle pour la presser contre moi. J'ai envie d'elle... je veux effacer tous les gestes qu'elle a faits avec ces hommes, qu'elle ne retienne que les miens. Je continue à l'embrasser avec fougue, mes mains remontant sa robe jusqu'à ce qu'elle la retire entièrement. Elle ne portait pas de soutien-gorge. Pour la première fois, je vois ses seins sans rien pour les dissimuler. Sans réfléchir, je les prends dans ma bouche. Félicity s'arque en arrière de plaisir, poussant d'innombrables gémissements. Je veux graver dans ma mémoire chaque expression, chaque cri... Je veux la rendre folle de désir comme elle me rend fou.

Je commence à sentir mon sexe contre le sien et j'ai de nouveau cette sensation que je vais exploser. Félicity se redresse et descend entre mes jambes, détachant mon pantalon à une vitesse déconcertante. Elle se met à quatre pattes et commence à le lécher de mes testicules jusqu'à mon gland... putain, je vais exploser. Elle finit par le mettre entièrement dans sa bouche et commence ses agréables va et vient, jusqu'au moment où...

- Je veux te sentir en moi...

- Quoi... ?

- Je veux que tu me pénètres...

Mon sang n'irrigue plus mon cerveau correctement. Je n'arrive pas à réfléchir. Quant à elle, je la vois prendre dans son sac un préservatif. Elle retire son sous-vêtement et se rapproche de moi. Je la vois entièrement nue pour la première fois et... je crois qu'à cet instant précis être retombé amoureux d'elle. Mais au même moment, je retrouve enfin mes esprits.

- Stop. Féli, écoute-moi... je... bon sang, tu me rends dingue, mais... tu n'as pas besoin de prouver quoi que ce soit. Pas à moi, pas ce soir... Je comprends que tu es en colère, que tu te sentes perdue, mais ce n'est pas de cette manière que l'on doit régler ça...

Elle me regarde, ses yeux pleins d'émotion, encore brillants d'une lueur de défi, mais aussi de confusion. Elle est impulsive, toujours à réagir sans réfléchir, alors que moi, je suis plus mesuré. Je dois la ramener à la raison, la calmer, même si tout en moi veut céder à cette passion brûlante entre nous.

- Tu mérites tellement plus qu'un moment volé dans une voiture. Tu mérites une première fois qui soit parfaite, elle ne le sera sans doute pas, mais je ne veux pas que ça soit un acte impulsif poussé par la colère ou la peur. 

Elle reste silencieuse, son souffle chaud sur ma peau. Puis, lentement, je la sens se détendre contre moi, ses muscles se relâcher, sa respiration devenir plus calme. Elle comprend ce que je veux dire, elle sait que j'ai raison. Elle ferme les yeux un instant, laissant échapper un soupir résigné, mais apaisé.

- Tu as raison... tu as toujours raison. Tu es toujours celui qui pense à tout...

- Pourtant, j'ai le cerveau en compote. Toute ma raison s'est dirigée en bas.

Elle rigole, enfin un vrai sourire. Elle se blottit contre moi, et je sens enfin le calme revenir en elle. Nous restons ainsi, serrés l'un contre l'autre.

Après un long moment de silence, enveloppé dans la chaleur de l'instant. Je sens son cœur battre lentement contre ma poitrine. Son parfum, mêlé à celui de sa peau nue, envahit mes sens, me plongeant dans une étrange combinaison de désir et de tendresse. Je l'entends murmurer, presque comme un aveu douloureux.

- Je me suis sentie tellement impuissante... comme si tout ce que je faisais ne faisait que nous éloigner. J'ai détesté ça...

Sa voix se fait douce, presque cassée. Je serre un peu plus mes bras autour d'elle, cherchant à la rassurer, mais aussi à calmer ce feu qui brûle toujours en moi. Ses épaules se relâchent, et elle reste silencieuse un moment, perdue dans ses pensées.

- C'est comme si rien n'était jamais entre mes mains. Chaque décision est prise pour moi, chaque rencontre m'échappe. Ils m'enferment dans une cage, où tout ce que je fais semble... futile.

Elle laisse échapper un soupir tremblant, ses yeux brillants de frustration et de tristesse. Je me rends compte à quel point elle a dû se sentir écrasée, privée de toute prise sur son propre destin.

- Peu importe combien je lutte ou combien je dis non, ça n'a jamais d'importance. J'ai l'impression de crier dans le vide, et ça me tue...

Mon cœur se serre de douleur en voyant Félicity si vulnérable, écrasée par le fardeau que son père lui impose. En tant que son employé, c'est quelque chose que je connais, mais je ne supporte pas qu'il puisse lui faire ça à elle... à sa propre fille. Je n'avais jamais vu son regarde aussi vide, comme si la flamme en elle s'éteignait petit à petit. J'inspire profondément, repoussant le flot de mes propres incertitudes.

- Je ne te laisserais jamais affronter ça seule, Felicity...

Je sens qu'elle retient son souffle. Ma main trouve son visage, caressant doucement sa joue pour l'obliger à lever les yeux vers moi. Je sais qu'elle souffre, et cela me tue de l'intérieur. J'ai toujours su que notre relation serait compliquée, qu'il y aurait des obstacles. Mais jamais je n'aurais imaginé que nous nous retrouverions piégés dans cette situation, où tout semble à la fois simple et impossible.

- Ces sentiments que tu affrontes... je les connais que trop bien. Ça me déchire que tu es à vivres ça. Mais peu importe ce qu'ils veulent te faire croire, tu es bien plus forte que tout ce qu'ils peuvent imposer.

Elle a du mal à croire en elle-même, alors que moi, je suis là, prêt à lui donner tout ce que j'ai. Je continue, déterminé à lui faire sentir qu'elle a un choix, qu'elle a une voix.

- Si jamais tu décides de tout envoyer valser... je serai là. Peu importe les obstacles, peu importe ce que ton père essaie de contrôler. Si tu veux te battre pour être libre, je me battrai à tes côtés.

Elle me regarde, surprise, et un silence s'installe entre nous. Mais je vois dans son regard que mes mots ont trouvé un écho.

- Moi aussi, je suis prête à tout pour toi... À affronter mon père, à vaincre mon anxiété... je suis vraiment prête à tout...

Ses mots résonnent en moi comme un coup de tonnerre. Ils réveillent des émotions que j'avais tenté d'enfouir, des craintes que j'avais voulu ignorer. Elle se blottit de nouveau contre moi, et je reste là, immobile, perdu dans mes pensées. Mes bras l'entourent, mais mon esprit est ailleurs, très loin. Je pense à tout ce que j'ai construit, à tout ce que je pourrais perdre. À ce rêve de carrière que je poursuis depuis des années. Et puis je pense à elle. À Félicity, cette tornade qui a bouleversé ma vie de façon irrémédiable. À son rire, à ses moments de doute. À la façon dont elle me regarde, comme si j'étais le seul à pouvoir la comprendre.

Dans ce silence, entre le battement de son cœur contre ma poitrine et celui de mes propres angoisses, je commence à réaliser quelque chose. Peut-être que cette décision ne m'appartient déjà plus vraiment. Peut-être que tout ce que j'avais planifié, tout ce que j'avais voulu, s'effondre maintenant pour laisser place à autre chose. Quelque chose de plus grand, de plus fort.

Je respire profondément et ferme les yeux. Dans cet instant suspendu, je fais une promesse silencieuse. Que quoi qu'il arrive, je serai là pour elle, prêt à tout affronter.

Publié le 12/07/2026 / 10 lectures
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