LE RITUEL
Tous les dimanches depuis 10 ans, Lucie se levait juste avant l’aube.
Le temps de déjeuner, se préparer, le soleil apparaissait timidement.
Elle n’oubliait jamais de mettre son collier en argent, orné d’une émeraude,
et ensuite elle se mettait en route vers la forêt en marchant rapidement.
Il lui fallait tout d’abord traverser une plaine, marcher dans les hautes herbes.
Elle aimait ce moment : la nature, le calme, la brise, le moment présent,
le sentiment d’être privilégiée, le ciel prenait parfois des couleurs superbes.
Tous les sens en éveil, elle avait l’impression de redevenir une enfant.
Arrivée au bord de la forêt, elle prenait le temps de respirer profondément,
elle allait retrouver son petit paradis, son Eden, son cocon magique.
Il fallait 3 bonnes heures de marche pour parvenir jusqu’à l’emplacement,
Elle connaissait le chemin par cœur, naviguant entre les arbres magnifiques.
Enfin, le voici : son Graal, sa raison de vivre, sa joie, sa ressource vitale.
A cet endroit précis, un arbre imposant trônait au milieu de ses congénères,
mais celui-ci était différent, il abritait sous son écorce une sève bien spéciale.
Il produisait cette substance singulière en permanence, été comme hiver.
Un secret ancestral bien caché, enfoui dans un immense labyrinthe végétal.
Après une demi-heure de méditation, Lucie prélevait un peu de la précieuse sève,
quelques gouttes suffisaient, elle ingérait l’élixir, prête pour son voyage astral.
Elle s’allongeait alors au pied de l’arbre parmi les feuilles, puis son esprit prend la relève.
Les yeux fermés, le chant des oiseaux se transformait en une douce symphonie,
un tourbillon de sensations apaisantes l’envahissait au bout de quelques secondes.
Puis l’odyssée spirituelle débutait, son âme quittait son corps et survolait les prairies.
En un éclair éblouissant, elle prenait de l’altitude, portée de mystérieuses ondes.
Elle s’élevait à un point où elle pouvait contempler avec extase la Terre depuis l’espace,
puis les étoiles, les planètes, le cosmos, les volutes formées par les galaxies lointaines.
Quelles merveilles, la beauté pure : parfois elle croisait des astéroïdes de roche et de glace,
des créatures célestes, des particules aux couleurs divines, un séjour ineffable sans haine.
L’expédition durait environ deux heures, ensuite la réalité la ramenait sur notre planète.
Les yeux encore rempli de beautés interstellaires, Lucie se réveillait paisiblement, assouvie.
Son rituel dominical la soulageait de ses nombreux maux, ses échecs, sa tristesse, ses dettes.
La sève perdant ses facultés si on tente de l’emporter, elle reviendra dimanche admirer l’infini.
LE RITUEL
Tous les dimanches depuis 10 ans, Lucie se levait juste avant l’aube.
Le temps de déjeuner, se préparer, le soleil apparaissait timidement.
Elle n’oubliait jamais de mettre son collier en argent, orné d’une émeraude,
et ensuite elle se mettait en route vers la forêt en marchant rapidement.
Il lui fallait tout d’abord traverser une plaine, marcher dans les hautes herbes.
Elle aimait ce moment : la nature, le calme, la brise, le moment présent,
le sentiment d’être privilégiée, le ciel prenait parfois des couleurs superbes.
Tous les sens en éveil, elle avait l’impression de redevenir une enfant.
Arrivée au bord de la forêt, elle prenait le temps de respirer profondément,
elle allait retrouver son petit paradis, son Eden, son cocon magique.
Il fallait 3 bonnes heures de marche pour parvenir jusqu’à l’emplacement,
Elle connaissait le chemin par cœur, naviguant entre les arbres magnifiques.
Enfin, le voici : son Graal, sa raison de vivre, sa joie, sa ressource vitale.
A cet endroit précis, un arbre imposant trônait au milieu de ses congénères,
mais celui-ci était différent, il abritait sous son écorce une sève bien spéciale.
Il produisait cette substance singulière en permanence, été comme hiver.
Un secret ancestral bien caché, enfoui dans un immense labyrinthe végétal.
Après une demi-heure de méditation, Lucie prélevait un peu de la précieuse sève,
quelques gouttes suffisaient, elle ingérait l’élixir, prête pour son voyage astral.
Elle s’allongeait alors au pied de l’arbre parmi les feuilles, puis son esprit prend la relève.
Les yeux fermés, le chant des oiseaux se transformait en une douce symphonie,
un tourbillon de sensations apaisantes l’envahissait au bout de quelques secondes.
Puis l’odyssée spirituelle débutait, son âme quittait son corps et survolait les prairies.
En un éclair éblouissant, elle prenait de l’altitude, portée de mystérieuses ondes.
Elle s’élevait à un point où elle pouvait contempler avec extase la Terre depuis l’espace,
puis les étoiles, les planètes, le cosmos, les volutes formées par les galaxies lointaines.
Quelles merveilles, la beauté pure : parfois elle croisait des astéroïdes de roche et de glace,
des créatures célestes, des particules aux couleurs divines, un séjour ineffable sans haine.
L’expédition durait environ deux heures, ensuite la réalité la ramenait sur notre planète.
Les yeux encore rempli de beautés interstellaires, Lucie se réveillait paisiblement, assouvie.
Son rituel dominical la soulageait de ses nombreux maux, ses échecs, sa tristesse, ses dettes.
La sève perdant ses facultés si on tente de l’emporter, elle reviendra dimanche admirer l’infini.