Lorsqu’un dimanche matin de février 1986, Pierre-Alex Vital me présente le général Merceron chez Edmond Vilaire, à Kenscoff, nous ne sommes pas les seuls à sourire. Mon père, Christophe Mervilus, et Pierre Merceron furent compagnons de chambrée à l’École militaire d’Haïti entre le 3 janvier 1939 et le 5 juillet 1941. Celui qui m’apprendra plus tard l'art de la précision dans les sujets complexes avait jadis brossé le portrait de mon père dans Le Flambeau ; mon père, en retour, avait écrit le sien.
Né en 1916, le jeune et studieux Pierre Merceron débute comme employé civil au sein de l’Armée tout en préparant le concours d'entrée à l'École militaire, alors dirigée par des officiers américains. Il y est admis comme cadet en 1939. Sa carrière culmine lorsqu'il est promu chef d’état-major des F.A.D’H, avec le grade de général de brigade, fonction qu'il occupe du 7 décembre 1958 au 6 septembre 1961. Il entame ensuite une carrière diplomatique comme ambassadeur à Paris, puis aux Pays-Bas.
Gentleman accompli, le général Merceron a traversé des tempêtes historiques exceptionnelles. En 1986, il devient le dernier ministre de l’Intérieur et de la Défense nationale de Jean-Claude Duvalier. Nous avons eu, par la suite, l'occasion d'échanger à maintes reprises.
Décédé en juillet 2001, il était le frère du major Arnauld Merceron (promotion 1929), qui servit également dans la diplomatie, notamment à Cuba et en France. Gardons en mémoire cette image du général Merceron, ancien chef d’état-major, présentant ses lettres de créance au général Charles de Gaulle le 20 octobre 1961.
G.Mervilus
Note: Le 4 février 2016, l'auteur livrait au public Pierre Merceron, un général atypique, sur la plateforme Medium. Depuis lors, ce texte a rencontré un tel succès que maintes plumes, en quête d'inspiration ou de distinction, n'ont pu se résoudre à ne point s'en parer. Il est, après tout, des élégances si manifestes qu’elles finissent par devenir le bien commun de ceux qui manquent de la leur.