Prosper et Jean-Baptiste

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Mes deux grands-pères étaient différents. Si différents. L’un drômois, l’autre corse. L’un de taille moyenne et enrobé, l’autre grand et sec.

Pour moi, ils n’avaient pas de prénoms. Ils étaient égaux devant MA loi. Je les avais rarement vus ensemble, penchés sur mon berceau. Ils étaient comme des fées issues d’un conte ignoré des autres enfants.

L’un était épicier, l’autre baryton d’Opéra.

Maman chantait aussi, mais c’était pour me bercer ou lorsqu’elle étendait le linge, dans le jardin. Les voisins se penchaient à leurs fenêtres, pour l’écouter, au risque de rejoindre le rez-de-chaussée par la voie des airs. Grand-papa corse passait son temps dans les avions, sautant d’une capitale à l’autre pour proposer son organe aux amateurs de Verdi, de Puccini.

Je ne l’avais jamais entendu.

« Dis, maman, pourquoi papy ne vient pas me border, le soir ? Déjà qu’on ne le voit pas beaucoup. Ce serait bien qu’il me fredonne quelque chose avant le gros dodo. »

« Il a une trop grande voix, mon enfant. Il serait plus efficace, pour te réveiller, quand tu iras à l’école. »

« Comme les coqs ? »

« Oui, voilà, c’est ça… comme les coqs. »

Mon papy épicier vivait chez nous, ou plutôt, nous vivions chez lui. Une grande maison aux murs jaunes surplombant une calanque où la mer caressait les galets d’une plage souvent fréquentée par des femmes à la peau blême. Papa les avait surnommées « les Parisiennes ». Le mistral fouettait nos vitres et j’avais toujours peur de les voir se lézarder, permettant aux bourrasques d’entrer chez nous par effraction pour me voler mes doudous.

Et il y a eu ce fameux week-end où papy Opéra devait passer à la maison entre deux avions. Manque de bol, mon papy épicier était tombé malade. Il avait été hospitalisé en urgence. Le médecin avait dit que ses poumons s’essoufflaient. J’avais capté une discussion entre papa et le docteur Jolivet.

« Il n’a jamais fumé, pourtant. »

« Oui, mais il a fait la guerre dans les tranchées… Ça laisse des traces… »

« Vous pensez qu’il va vite se rétablir ? C’est lui qui tient la boutique… »

« Il va avoir besoin de grand air jusqu’à la fin de ses jours… s’il veut que ces derniers soient plus nombreux. »

« C’est dit avec classe, mais bon, je vais devoir cesser d’écrire pour le remplacer à l’épicerie. Il m’a un peu formé pour ça, même si j’ai toujours voulu être romancier. »

« Vous pourrez manier la plume entre deux clients. »

« Docteur, vous êtes un éternel optimiste. »

« C’est pour ça que j’ai choisi ce métier. Au revoir, monsieur Breitner. »

« Au revoir, docteur. »

J’avais décollé mon oreille de la porte du salon en quatrième vitesse. Il n’y avait pas eu de bruit de succion. Je me rappelle avoir hésité entre sourire et pleurer.

J’ai appris, au cours de la semaine suivante, que mon papy épicier partait vivre en Lozère afin de respirer air pur et fleurant bon les genêts. Que mon père tiendrait la boutique jusqu’à nouvel ordre.

Papa ne serait donc plus là, à la maison, penché sur ses feuillets, un stylobille à la main…

Il lui arrivait de me lire des passages. Par-dessus son épaule, je regardais fixement les signes parsemant le papier comme si des fourmis investissaient la place.

« Elles sont immobiles. Papa les a hypnotisées. »

Un jour, il m’avait surpris en train d’essayer d’extraire les fourmis du papier en utilisant la pince à piler de maman.

Au lieu de me punir, il avait éclaté de rire.

« Tu voulais les ranimer ou les chasser ? »

J’avais tout de même forcé la porte de son bureau en son absence.

Sa réaction prouvait que, lui-même, enfant…

Je n’étais donc pas le seul à imaginer les écrivains demandant aux fourmis de peupler les feuillets vierges.

J’avais de qui tenir.

Et encore, je n’avais pas encore vu les partitions de papy Opéra.

 

*

 

« Si je pouvais partager mon souffle, je le ferais. Je le connais très peu, mais c’est un héros des deux guerres. Il mérite l’estime de tous. Dommage qu’il soit humble. Moi, je suis tout le contraire, et les applaudissements me gonflent d’orgueil. »

Maman buvait ses paroles.

Il avait pris le temps de venir aux nouvelles. Elle avait apprécié. Il s’était fait porter pâle à l’occasion de la dernière représentation de Rigoletto, à l’Opéra de Paris.

Papy Opéra mentait. Mais c’était pour la bonne cause. Je lui avais demandé de me montrer une partition.

« Je n’amène jamais de travail à la maison. » avait-il dit dans un grand sourire.

Un peu plus tard, maman avait traduit ses propos.

« Pas comme moi, alors. Quand j’irai à l’école, je rentrerai le cartable plein à ras bord. »

 

Il avait été question de partir en Lozère, pour nos vacances d’été. Elles approchaient à grands pas. Papa appelait son père tous les soirs. Qui avait vanté la qualité de l’air, mais aussi, l’amabilité des gens, la joie de vivre communicative, la fierté d’habiter une si belle région, la nourriture.

La liste était longue.

« Tu tousses toujours autant, papa ? »

« Il est encore tôt pour que je me fasse une idée. Mais je suis bien, ici. Pourquoi ne viendriez-vous pas, cet été ? Il paraît que la lumière est incomparable, en juillet. »

« Je suis romancier, papa, pas artiste peintre. »

« Oui, c’est vrai. Tu ne me demandes pas si la maison me plaît ? »

« Si, si. Mais j’ai tant de questions à te poser… j’ai peur de te fatiguer. »

Papa savait que la conversation durerait, et il avait posé un verre d’eau à portée de main. Il but la première goulée en grimaçant. Elle était froide.

« Il est chic, le docteur Jolivet de t’avoir loué ce gîte à un prix dérisoire. »

« Son père a fait les deux guerres, comme moi. Ça crée des liens. »

« Tout s’explique. Allez, parle-moi de la maison, maintenant ! »

« Ah ! Enfin ! »

Et il s’était lancé dans un récit de conteur entrecoupé de quintes de toux.

« C’est la ponctuation. » avait-il répondu à papa qui s’inquiétait.

« Je me demande comment tu fais pour garder le moral. »

« J’ai connu deux guerres, mon fils… Je relativise. »

 

Nous fûmes quatre à squatter une maison qui n’avait que deux chambres.

Nous avions alerté le docteur Jolivet.

« Vous ne voudriez tout de même pas que je vous achète des sacs de couchage, si ? Il y a une infirmière qui passe tous les deux jours. Pas de souci, si vous êtes capable de la recevoir avec élégance… Sinon, je pense que c’est une excellente idée de lui tenir compagnie pendant trois semaines. On ne s’ennuie jamais en Margeride. Les randonnées y sont légion. Tous les chemins sont bordés de genêts. Personnellement, je peux vous conseiller celles qui font le tour du lac de Naussac. »

Maman s’était souvenue de l’enlisement volontaire du village. A l’époque, elle était lycéenne.

« A la suite de manifestations qui auraient pu déraper, le clocher du village a été soutiré à la vase pour être replanté au centre du village rebâti à proximité. J’étais écolo, mais là, j’avais été dégoûtée par l’attitude du gouvernement. Avec le temps, tout s’est calmé. Il faut reconnaître que, de nos jours, le tourisme s’y est positivement développé. Le lac est magnifique, gris sous les nuages, bleu comme la mer sous le soleil, et les véliplanchistes s’amusent avec les vaches qui s’y abreuvent. Ils caressent leurs cornes, leur tirent la queue. Et il y a le barrage hydroélectrique… »

Maman avait refusé de poursuivre.

« Je vous montrerai quand nous y seront. Papy a raison. La Margeride n’a pas perdu sa magie, au contraire. Parfois, le modernisme a du bon. »

Papa n’en croyait pas ses oreilles. Il m’avait pris à témoin.

« Ta maman a raison. Jeune, on est de gauche. Mais en prenant de l’âge, la girouette nous oriente vers la droite. »

« Je ne comprends rien à ce que tu dis, papa. »

« Pas grave, mon fils. Tu comprendras plus tard. Ta mère aussi a évolué en ce sens. »

Elle a simulé de gifler papa. Il hurla une douleur imaginaire. Sa grimace me fit rire aux éclats.

Il me tardait de découvrir la Lozère.

 

*

 

« Maman, tu as remarqué ? Papy ne tousse plus, le matin. »

« Papa va être content. »

« Pas toi ? »

« Moi aussi. Bien sûr. Quelle question. Je te charge de lui annoncer la bonne nouvelle. »

« Il est où ? »

« Parti très tôt à la pêche. »

« Il ne m’en a même pas parlé. Il aurait pu me demander si je voulais venir. »

« Je crois que ça va être un fiasco. Il a pris son attirail de pêche… en mer. »

« Pourquoi ? Les poissons de rivière sont végétariens ? »

« Je ne crois pas, non. »

« C’est moi qui lui ai prêté le nécessaire pour taquiner la truite. » intervint papy.

Il regarda sa montre.

« Il ne va pas tarder à rentrer. Je lui ai indiqué un coin poissonneux. Je voulais vous faire la surprise. Lui se doutait que le petit s’en apercevrait. »

« S’apercevrait de quoi ? »

« De l’absence de son papa. »

« Ce n’était pas une bonne idée, beau-papa. Le petit va être frustré, maintenant. »

« Mais non, maman ! La prochaine fois, il n’y aura pas d’effet de surprise, et il me prendra avec lui. Il aime bien avoir un public. »

« Est-ce à dire qu’il va rentrer bredouille, aujourd’hui ? »

« Sauf s’il a croisé un autre pêcheur qui aura pris tellement de truites qu’il se délestera de la plus grosse parce qu’il n’y a plus de place dans sa besace. »

« Ce petit s’exprime comme un adulte, ma bru. »

« Votre fils lui apprend des choses dont je n’ai pas idée. Il aurait dû être enseignant. »

« C’est un bon gars. A propos, vous aimez la Lozère ? »

« Ça nous change des bruits de la ville. »

« Le silence est assourdissant s’il dure. Pas ici. Il y a toujours un oiseau pour signaler sa présence. »

 

Ce matin-là, papy avait envie de parler.

Depuis le temps qu’il voyageait par la pensée, il avait besoin de faire escale.

Nous étions assis autour de la lourde table, dans la salle à manger. Je me retournais souvent pour lorgner la cheminée. J’étais persuadé qu’elle recelait des ombres qui nous écoutaient. De chaque coté, des bûches étaient entassées, risquant d’être déséquilibrées et de s’éparpiller dans l’âtre au fond duquel les cendres de l’hiver dernier reposaient.

« Je vous l’ai certainement déjà dit, mais Saint-Pierreville, le village d’Ardèche où j’ai planqué mamie, pendant la guerre, n’est pas loin d’ici. »

Papa me sembla tout ému. Il devait se douter que papy nous rafraîchirait la mémoire.

« Ce n’était pas une bonne idée. Je finançais un réseau de résistance. Il y avait un traitre parmi nous. Un Stuka avait attaqué en piqué. Heureusement, le clocher, d’un côté, la montagne, de l’autre, l’empêchaient de mitrailler la maison de mamie. Un autre s’est pointé, une bombe accrochée sous son ventre. »

Papy me fixa de son regard soudain devenu lumineux. Un feu y crépitait en silence.

« Ton papa avait quatre ans. »

Puis, à la cantonade :

« Mamie a dû traverser un champ d‘orties, jambes nues, avec son enfant dans les bras. La maison a explosé alors qu’elle s’était assez éloignée pour être épargnée par les gravats, la plus mortelles des pluies. »

« Où veux-tu en venir, papa ? »

« Je propose que l’on y aille faire un tour, comme un pèlerinage. C’est à une cinquantaine de kilomètres. Juste après Entraigue-sur-Volane, le village où s’était retiré Jean Ferrat. »

Maman faisait la gueule. Mais savait mieux que personne masquer sa mauvaise humeur.

Un jour, je m’en souviens comme si c’était hier, elle avait voulu nous emmener à Porto-Vecchio, ville natale de papy Opéra. Papa s’y était opposé, prétextant qu’il avait le mal de mer. Maman ne prenait jamais l’avion à cause de ses soucis d’oreille interne.

Le malaise prit de l’ampleur, et papa intervint d’une voix très peu sûre, au début, mais qui se réchauffa au fil des mots.

« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée d’entraîner le petit dans cette aventure à rebrousse-temps. »

« Et pourquoi donc ? Il n’y a rien de… »

« Papa a raison, papy. Je préfère qu’on me raconte les choses. Tu le fais très bien. Je ne pense pas que je grandirai mieux et plus vite si je vois où tu as planqué mamie, comme tu dis. J’ai déjà vu un Stuka, je peux imaginer les ravages qu’il faisait quand il atteignait une cible. »

« Comme vous voulez. »

Papy a boudé toute la soirée en se balançant sur un vieux rocking-chair déniché, couvert de toiles d’araignées, dans le grenier.

Je le regardais en douce. Je l’imaginais, une pipe au bec, la fumée montant jusqu’au plafond où elle dessinait des continents suspendus.

Je l’ai réconforté en murmurant à son oreille que ses histoires me manquaient, le soir. Que j’avais du mal à m’endormir sans avoir entendu sa voix m’expliquer comment il faisait pour trier, sans les palper, les clémentines bonnes à vendre.

« Tu vois, petit, s’il y a des graines à l’intérieur, les clients ne sont pas contents et vont voir ailleurs. »

« Pourquoi ? Les clémentiniers poussent dans l’estomac ? »

Son rire caverneux me manquait aussi.

 

*

 

Notre séjour en Lozère a nettoyé la routine des scories de la ville. La sensation d’avoir purgé nos poumons. L’air pur m’avait enivré. Surtout lorsque nous avions marché sur un chemin de Margeride. Papy m’avait paru rajeunir tandis que mes parents avaient cessé de se disputer et s’embrassaient, du matin au soir, sans la moindre gêne. Ils retrouvaient leurs vingt ans.

« Papy, tu as de la chance, c’est chouette ici. Tu ne reviendras plus à la maison ? »

« Bien sûr que si. A propos, l’infirmière m’a dit que si, un jour, elle avait un enfant, elle voudrait qu’il te ressemble. »

« Et si c’est une fille ? »

Papy m’avait caressé la joue.

« Le duvet va pousser, bientôt. Tu vas te raser et te couper. Le miroir se moquera de toi, mais il ne faudra pas lui en vouloir. Profite du temps conjugué au présent. L’année prochaine, tu vas découvrir l’école. Et là, on va t’apprendre le futur. Les soucis vont commencer. »

« Dis-moi, papy, il va y avoir une guerre ? »

« Pourquoi tu me demandes ça ? »

« Parce que j’aimerais être aussi courageux que toi. Papa n’arrête pas de me dire que je ne serai jamais fier de lui comme il l’est de toi. Il parle de la guerre, n’est-ce pas ? »

« Pas forcément, petit. »

« J’espère que tu seras de retour avant la rentrée des classes. »

« Tu seras toujours heureux avec tes parents. Ton papa aime ta maman. »

« Et toi, tu aimais mamie ? »

« Bien sûr. »

« Elle était jolie ? »

« Evidemment. »

« Aussi jolie que l’infirmière ? »

J’ai vu des larmes couler sur ses joues mal rasées.

Je n’ai pas insisté. A mon âge, on a le droit d’être maladroit.

Je l’ai embrassé sur le front, de toute ma hauteur, pendant qu’il se balançait sur son vieux rocking-chair en simulant de créer de nouveaux continents au plafond.

 

Deux jours que je ne l’entendais plus tousser.

Ce soir-là, juste avant de me coucher, j’ai dessiné une pipe sur un morceau de papier que j’ai glissé sous la porte de sa chambre.

 

 

– EPILOGUE –

 

 

Paradoxalement, j’ai été heureux de retrouver la maison aux murs jaunes. J’y avais mes habitudes. La chasse aux galets reprit. L’un d’eux avait été embrassé par une jolie bouche. Il y avait du rouge à lèvres sur sa face grise veinée de blanc. Je l’ai montré à papa qui l’a caressé avant de me le rendre en souriant.

 

Des années ont passé mollement. Un train circulant au ralenti au creux de gorges sinueuses.

J’avais maintenant l’âge de mes parents, quand nous avions rejoint mon papy épicier en Lozère.

Il était décédé trois ans plus tard. Il avait décidé de rester là-bas. Et moi, une semaine, chaque été, d’y retourner, une fois que j’ai été en âge de ne plus suivre papa et maman comme un toutou.

Je m’étais rendu à Saint-Pierreville. J’ai été fasciné par le clocher de l’église. Il avait sauvé la vie de mamie.

A son sommet, la girouette grinçait méchamment lorsque le vent soufflait. Levant les yeux au ciel, je détournais immédiatement le regard. Trop peur d’y voir un avion, sur le museau duquel avait été peint la gueule d’un requin, et sur le point de s’alléger de son unique croc.

J’ai songé que je n’avais pas connu mes grands-mères. Je me suis signé devant la tombe de celle qui m’avait permis d’être de ce monde. N’avait-elle pas été héroïque avec l’enfant qui, devenu adulte, avait semé la petite graine dans le ventre de maman ?

 

Ce matin-là, alors que je fouillais le grenier, histoire d’y trouver des peluches jadis si souvent câlinées, j’ai découvert une feuille de journal pliée en quatre.

Elle s’était échappée d’une chemise, refusant de se mêler à d’autres articles.

J’ai déplié la feuille de journal et j’ai lu les quelques lignes qui semblaient clignoter dans le clair-obscur.

Il était bref, mais bon, l’Opéra est un domaine sectaire, certains disent « élitiste ».

 

Gian-Battisto Bonavita est aphone, il ne chantera pas, ce soir. Il se murmure qu’il a le cancer de la gorge.

Une grande carrière qui pourrait s’éteindre prématurément.

Contrairement aux ténors, à soixante-cinq ans, un baryton est encore vert.

 

J’avais oublié.

Je suis redescendu en chialant tel un môme, un nounours dans les bras.

« Toi, mon gaillard, je me rappelle ta manie de traîner dans les coins poussiéreux, mais je ne pensais pas que les toiles d’araignées te permettraient de survivre à l’oubli. »

Il était borgne, mais son œil unique était humide de tant de larmes retenues.


Publié le 14/10/2026 / 2 lectures
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