Tourments et naufrage

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Tu m'as donné ton âme et du fil à retordre,

Dans tes nuits de naufrage où tu voulais mourir.

Je voulais t'embrasser, toi, tu voulais me mordre,

Notre amour chaloupait en me faisant souffrir.

 

A force de je t'aime et de mots dérisoires,

Il arrivait parfois qu’une brève accalmie,

Enluminât nos corps vers une trajectoire,

Entre sombres récifs et remous ennemis.

 

Archipels sidéraux où il faisait bon vivre,

J'ai aimé ces moments d'intense volupté,

Mais à peine assagi que notre bateau ivre

Se heurtait au ressac de ta méchanceté.

 

Que de verres brisés, que d'insultes blessantes,

L'alcool te débridait attisait tes ébats,

Et moi, je me taisais, trainé dans ta tourmente,

Sans cesse balloté de Charybde en Scylla.

 

Un jour à ton réveil, tu m'as dit je te quitte.

T'as pris tes clics, tes clacs et sans se retourner,

L'oiseau s'est envolé emportant dans sa fuite

La femme que j'aimais contre vents et marées.

 

Je t'ai cherché partout, arpenté les ruelles,

J'ai traîné dans les bars aux comptoirs défraichis,

J'ai revu tes amis, ils étaient sans nouvelles,

Tu nous avais quittés, éclipsée dans la nuit.

 

Je t’ai cherché partout, j’ai pleuré ton absence,

Lorsque la nuit tombait, un abîme béant

Entoilait mes envies d’une amère impuissance,

D’un désarroi toxique, épais et désolant.

 

Une lettre de toi un jour est arrivée.

Fébrile je l’ouvris avide d’illusion,

Entête d’hôpital d’une ville éloignée,

Un simple mot de toi, un simple mot : « pardon ».

 

Emportant le secret d’un mal qui te rongeait

Tu m’avais fui, pudique, pour cacher ta souffrance,

Seule dans ton esquif, sans vouloir partager

La traversée du Styx jusqu’à la délivrance.

 

Aujourd’hui près de toi, à l’ombre des grands arbres

Je suis anéanti, je parle et me consume.

Une rose à la main, un genou sur le marbre,

Je t’offre cette fleur et mon pardon posthume.

 

Tu m’as donné ton âme et du fil à retordre…


Publié le 15/07/2026 / 1 lecture
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