Vuillard et moi

PARTAGER

C'est quand je vis les portes empêchant l'accès au wagon de la ligne 1 que la tentation me vint. Sans elles, je n'aurais pas songé à sauter. Cette pensée passa, comme tout le reste, la Mélancolie demeura, fidèle, à côté de moi. Nous montâmes.  Elle resta debout, je m'assis et songeai en balayant les photos prises au Petit Palais que j'aurais besoin d'une pause, d'un retour à moi, d'une reflexivité.

Je décidai, de retourner régulièrement voir Vuillard et ses Personnages dans un intérieur puisque je me sentais comme eux, morcellée et tendant de plus en plus vers l'abstrait. La contemplation d'un intérieur bourgeois du la fin du XIXe siècle me servirait de  refuge pour mieux me retrouver. 

Je pris une grande respiration, la Mélancolie descendit et je demeurai jusqu'à la station d'après. Dehors, le soleil se mit à briller.

 


Publié le 28/03/2026 / 3 lectures
Commentaires
Publié le 28/03/2026
Il est des artistes qui savent mieux que quiconque dépeindre l'abstraction. Vuillard, que vous évoquez, fut le maître du genre. Quelques autres lui emboîtèrent le pas, dont des auteurs comme Antonio Tabucchi, Paul Auster et le Nobel Modiano. Un peu comme si depuis Munch et son cri, il n'y avait d'autres issues que de se confondre-disparaître donc-pour résister à l'absurdité de la vie. Votre évocation est de la veine des abstractionistes. Vivement la suite...
Connectez-vous pour répondre