Du noir, pour sa part d’obscurité fébrile
Du blanc, pour la lumière qui s’y faufile
Style, contraste, rayures indociles
Graphiques, rythmiques, d’une encre subtile
Sauvage, séduisant, l’animal s’avance
Cheval d’illusion, mirage d’élégance
On croit pouvoir le dompter et l’apprivoiser
Mais son âme n’a jamais appris à plier
Capricieux, insoumis, étrange, magistral
Mystérieux, étonnant, curieux, original
Il porte sur lui un poème en noir et blanc
Une énigme mystique, un piano vivant
Si tu l’attaques, il mord; s’il a peur, il trace
Adroit métamorphe, son ombre s’efface
Se camoufle, se fond, imite les chevaux
Joue l’ordinaire pour cacher son vibrato
Pour se protéger, ne pas troubler le décor
Il sourit, plaît, fait semblant, et s’accorde à tort
Son éclat singulier se change en silence
Ses qualités se voilent d’indifférence
Si d’aventure, il retrouve son troupeau
Ceux qui parlent sa langue, suivent son tempo
Il renaît, souverain, dans toute sa beauté
Auprès des siens, il n’a plus besoin d’imiter
Ses rayures paraissent sous le costume
Tracent le dessin de sa voix qu’il assume
Tout ce qu’il cachait par crainte d’être jugé
Devient enfin une instinctive vérité
Dès lors il s’ouvre, se rappelle qui il est :
Un être unique, brillant, absolu, complet