Je n’ai pas de rancœur pour ces années passées
Malgré l’inflammation des glandes lacrymales,
J’ai tout fait de mon mieux sans que ce soit assez
Mais jamais, non, jamais, je t’ai voulu de mal.
Si toutes ces années, je ne me suis lassé,
Je n’ai jamais suivi mes pulsions primales,
Si rarement j’étais méprisant, angoissé,
C’est parce que mon cœur était juste normal.
Mais tu me l’as brisé en multiple lambeaux
Alors qu’il avait tant et tant fuit l’abandon.
Mais tu me l’as brisé sans effet placebo
Alors que, pacifique, je t’en ai fait le don.
A partir de ce jour, transformée en flambeau,
Irrémédiablement, la flèche de Cupidon
A noirci l’atmosphère et plus rien n’était beau,
Je me suis consumé en absurde pardon.
La flamme s’est éteinte malgré tous mes efforts,
Mon cerveau l’a suivi sans demander son reste,
Je suis devenu fou autant que j’étais fort
Sans plus que je contrôle le moindre de mes gestes.
J’envoyais tous les jours de nouveaux sémaphores
Mais tout était trop tard, tout était indigeste.
J’aurai dû demander brusquement du renfort
Sans quoi tout a été de plus en plus funeste.
Si je t’ai pardonné, pardonne-moi aussi
De n’avoir su comprendre, de n’avoir su guérir,
Si ton geste a détruit ma courte ataraxie
J’aurai dû le stopper avant que de pourrir.
Pardonne-moi l’abîme que j’ai laissé ici,
Pardonne ma faiblesse, j’ai cru mon cœur flétrir
Sans que je réussisse à changer l’inertie,
Enfin, pardonne-moi d’avoir voulu mourir.
Cela n’est pas une ode à l’ego, à Narcisse,
Mais à la vérité, la vérité précaire.
Te souviens-tu encore ? Pour construire l’édifice
Les forces sont comptées comme un apothicaire.
L’équilibre, l’équilibre… et tous ses sacrifices :
Tu voulais des enfants, j’étais dans mon bunker.
Me reviennent en mémoire mes vieux vers d’haruspices...
Je n’ai plus rien à dire pour cette fois… Joker...