Une fois connecté à votre compte, vous pouvez laisser un marque-page numérique () et reprendre la lecture où vous vous étiez arrêté lors d'une prochaine connexion en vous rendant dans la partie "Gérer mes lectures", puis "Reprendre ma lecture".

La Crevette et les Crabes
Prologue

PARTAGER

Je me souviendrai toujours de cette date, le neuf novembre 2008. C’est la journée où ma vie a basculé, où mon innocence a pris son envol, et où j’ai embarqué toute ma famille avec moi dans cette aventure cauchemardesque. J’aurais préféré les transporter dans une balade idyllique.

La veille, déjà, l’horreur avait commencé ; Il est possible que cela ait débuté deux mois auparavant. Je n’étais pas au bout de mes surprises ; le tourment a duré 5 ans et s’est poursuivi avec un autre. Aujourd’hui, toutes ces souffrances sont loin derrière moi, mais il suffit d’un rendez-vous, d’un soupçon de doute pour m’imaginer à nouveau dans le même état qu’en 2008. Tout ceci a laissé une marque au fer rouge dans mon cœur, mon corps, mon être. Elle fait partie intégrante de celle que je suis.

Les bribes de souvenirs que j’ai de cette journée sont semblables à de la brume qui masque l’horizon. J’étais tellement dans le coaltar, l’énergie avait décidé de se faire la malle, en raison de la nuit affreuse de la veille et de ce « truc » qui me terrassait depuis des mois. Une des seules choses dont je me souviens, c’est la rapidité à laquelle nous nous sommes rendus à Paris. Le trajet en temps normal doit durer environ deux heures. Ce jour-là, j’ai eu la sensation que seulement dix minutes s’étaient écoulées. Est-ce que le fait d’être dans les vapes a participé à cette impression ? Possible.

Ma mère était avec moi et a compris rapidement que ce qui se passait était grave. De mon côté, quand nous avons été accueillies, je n’ai pas assimilé que j’allais rester un moment ici. Leurs accoutrements, l’apparence des autres jeunes auraient dû me mettre la puce à l’oreille.

Quand on m’a annoncé la couleur de ce qui allait suivre, je n’avais toujours pas percuté que le cauchemar était bien là, que j’allais douiller, que mon innocence allait prendre la poudre d’escampette, que ma jeunesse allait être chamboulée à ce point.

Des remords ? Des regrets ? Aucunement. Je ne l’ai pas choisi, j’ai subi, c’est comme ça et pas autrement. Des questions, oui, énormément : Est-ce que j’ai tiré le mauvais numéro à la loterie de la vie ? Est-ce que c’est le destin ? Est-ce l’environnement ? Mon corps ? Mes gènes ? Est-ce que c’était un passage obligé parce que quelque chose de meilleur, de grandiose m’attendait ? Est-ce que je dois en faire quelque chose pour autrui ? Je n’en sais toujours rien. Je ne pense pas être la seule à m’être interrogée et il est possible que tous ceux qui ont vécu la même chose que moi soient passés par là, des émotions incompréhensibles. La question qui doit faire écho à tous : pourquoi moi ? Elle résonne encore en moi aujourd’hui, malgré le nombre d’années qui se sont écoulées. La seule certitude que j’ai, c’est d’avoir de la chance de pouvoir respirer encore.

Publié le 05/04/2026 / 1 lecture
Commentaires
Connectez-vous pour répondre