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La Promesse du Destin
Partie 11

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Un an plus tard.

Depuis le début de cette nouvelle vie ensemble, les choses ont évolué de façon inattendue. Après nos retrouvailles, nous avons pris notre temps pour réapprendre à vivre ensemble. Enfin, avant de reprendre pleinement ma vie avec Féli, il fallait d'abord que je m'attaque à un problème majeur : le béribéri. C'est une maladie qui survient à cause d'une carence en vitamine B1. Une carence que l'alcool et les mauvaises habitudes n'ont fait qu'aggraver. J'en souffre sous une forme dite "humide" ou cardiovasculaire. Ça veut dire, pour moi, des œdèmes dans les jambes, une fatigue pesante, des essoufflements fréquents, et parfois des battements de cœur si rapides que j'ai du mal à respirer.

À cause de cela, j'ai dû passer par un programme de désintoxication pour me débarrasser des substances qui épuisaient mon organisme et rétablir l'équilibre de la thiamine, cette fameuse vitamine B1. J'ai aussi découvert que les enfants de parents ayant souffert d'addictions sont parfois prédisposés à des dépendances, un lien qui m'a fait redoubler d'efforts dans cette lutte.

Léa et Féli sont restées présentes à chaque étape du processus, et malgré la honte que je ressentais, leur soutien m'a donné la force d'affronter ce combat. Alors, chaque jour, je prends mes compléments, je suis un régime strict, et je fais des exercices pour renforcer mon cœur. Je sais que tout cela m'a poussé dans mes retranchements, mais je me sens plus déterminé que jamais. Je voulais redevenir le Sacha qui criait de vouloir échapper à son destin. Alors je me suis battue comme à cette époque.

Après plusieurs mois d'efforts, ma santé s'améliore lentement. Les médecins constatent des progrès encourageants, et moi, je commence à respirer plus facilement, sans ce poids constant dans ma poitrine. À mesure que je me rétablis, je sens renaître en moi l'envie de vivre cette nouvelle vie pleinement, pour elle, pour les enfants, et pour nous.

Une fois sorti d'affaire, Félicity m'a fait part d'un désir qu'elle avait depuis longtemps : découvrir les origines de sa mère en Écosse. Elle voulait que nous emmenions Constance et Firiel, pour que chacun puisse se connecter à cette partie de leur histoire familiale. Ce voyage nous a rapprochés comme jamais. En Écosse, chaque pierre, chaque ruelle semble murmurer le passé. Pour Féli, c'est un pèlerinage, une manière de renouer avec ses origines. Un jour, en visitant une vieille demeure familiale, elle découvre une photo de sa mère adolescente, entourée de gouvernantes et de membres de sa famille. Elle passe des heures à discuter avec ceux qui l'ont connue, buvant leurs récits avec fascination. Ce voyage révèle une autre facette d'elle : une force, un attachement aux racines dont je ne connaissais pas l'ampleur. Je la regarde et je vois en elle l'écho de cette lignée noble, une beauté qui semble intemporelle, un héritage vibrant dans le moindre de ses gestes. J'ai pu enfin voir d'où Féli tenait cette crinière de feu, sa mère avait les mêmes cheveux indomptables que j'ai pu revoir sans chichi, ni lissage. Cela me ravissait. Quant aux enfants, ces terres étaient un terrain d'aventure et un lien direct avec l'histoire familiale.

Pendant ce temps, notre amour a mûri, tout comme la vie qui grandissait en elle. Nous étions déjà de retour depuis plusieurs mois lorsqu'un médecin nous a révélé que Félicity attendait des jumeaux. La nouvelle nous a pris par surprise, même si elle expliquait bien des choses. Je voyais à quel point elle était fatiguée, et elle savait maintenant pourquoi. Elle souriait, comme apaisée, à l'idée que notre famille allait bientôt s'agrandir encore davantage.

À l'hôpital

Aujourd'hui, dans le couloir de l'hôpital, j'essaie de garder mon calme, mais c'est presque impossible. Félicity est en salle d'accouchement depuis des heures, et mon esprit ne cesse de vagabonder entre la crainte et l'impatience. Constance me tire alors par la chemise, m'obligeant à m'arrêter.

- Papa Chacha, arrête de marcher comme ça ! Ça fait tourner la tête !

- Désolé, Constance. Papa est très stressé... et toi, ça va ?

- Oui, j'ai bientôt 4 ans ! Et les grands, ils ont pas peur, tu sais !

- Tu as eu 3 ans, il n'y a pas si longtemps. Tu vas devoir encore attendre pour les 4 ans mon chéri. Mais tu as raison, il n'y a pas de quoi avoir peur parce que maman est trop forte.

- Papa...

- Oui, ma chérie ?

- Maman est malade... ?

- Bien sûr que non, Fifi ! Maman, elle va avoir des bébés, c'est tout.

- Bientôt, on sera plus quatre, on sera six ! Parce que maman, elle a deux bébés dans son ventre ! Comme dans l'histoire des deux petits lapins dans le ventre de leur maman, tu sais ? Celle que papa Chacha nous lisait !

- Oui, Fifi t'adoooorree cette histoire !

- Oui !

- Je te la lirai encore autant de fois que tu veux, ma petite lapereau.

Firiel me prend dans ses bras avec sa peluche, ce qui a apaisé mon stress instantanément, bientôt six... C'est alors qu'une infirmière s'approche.

- Monsieur West ? Vous êtes bien le compagnon ?

- Oui, c'est moi. Comment va Félicity ? Et... et les bébés ?

Elle me rassure avec un sourire.

- Tout va bien. Félicity vous a fait une petite surprise : vous êtes l'heureux papa, d'un garçon et d'une fille en parfaite santé !

- Un garçon et une fille...

- Eh oui. Votre compagne a perdu un peu de sang, donc elle va devoir être perfusée, mais vous pouvez aller voir vos enfants en attendant. Quelqu'un peut s'occuper de vos deux autres enfants ?

Je reste bouche bée. Malgré la certitude des échographies, entendre la confirmation de cette nouvelle réalité me bouleverse. Des jumeaux... tout s'emballe dans ma tête alors que j'essaie de réaliser.

C'est alors que Léa arrive, visiblement essoufflée après s'être précipitée ici.

- Sacha ! Je suis là ! Elle a accouché !?

- Oui, un garçon et une fille !!

- Aaah ! Et Féli, elle va bien ?!

- Oui, elle va bien. Juste perdu un peu de sang, je dois aller voir les bébés... Tu peux garder Constance et Firiel, s'il te plaît ?

- Bien sûr, va les voir ! Venez ici, mes poussins, dit-elle en prenant chacun d'eux par la main.

J'embrasse Léa sur le front avec Constance et Firiel. Dire que rien n'était prémédité, mais nous ne faisions pas trop attention non plus. Au début, elle faisait des allers-retours entre chez elle et chez moi avec les enfants. Mais à l'annonce de sa grossesse, elle a voulu qu'on vive ensemble dans ma ville natale, ce qui m'a rempli d'une joie indescriptible. Je peux enfin vivre mon amour avec elle au grand jour.

Cela n'a pas été facile au début avec Tom concernant les enfants, mais tout s'est arrangé. Tom est comme il est, mais il aime profondément ses enfants et, quelque part, il aime aussi toujours Félicity. Après toutes ces années, il a enfin accepté que je sois le seul homme que Féli aime. Nous allons même passer Noël tous ensemble cette année.

Je m'avance vers la salle d'attente attenante, baignée d'une lumière tamisée. À l'intérieur, quelques couveuses, des tables d'examen, et un silence presque sacré. L'air y est calme, doux, comme suspendu. Une auxiliaire de puériculture m'accueille avec un sourire rassurant et m'invite à m'installer dans un fauteuil confortable. Elle m'explique doucement que les bébés vont être posés contre moi, en peau à peau, pendant que Félicity termine ses soins.

- Je vous présente vos bébés... une jolie petite fille et un beau garçon en pleine forme. Votre compagne a effectué un travail remarquable.

Elles me les posent doucement, un par un, sur mon torse, et aussitôt, les larmes montent. Ils sont si petits, si légers. Je crains de mal faire, peur de leur faire mal, tellement je les trouve fragiles. Une vague d'amour et de tendresse me submerge, un sentiment nouveau que je n'avais jamais ressenti de cette manière. En cet instant, je comprends que mon amour pour Constance et Firiel est le même, et que je ne pourrais jamais les considérer différemment, ils sont aussi mes enfants. J'aurais aimé les voir bébé, comme ces deux-là, les tenir contre moi dès leurs premiers instants... Ils sont tellement beaux... mes bébés... Je pleure encore, sans m'en rendre compte. N'ai-je jamais cessé ?

- Vous avez déjà des prénoms en tête ?

- Oui...

- Ah bon, lesquels ?

- Féli ?

Je la cherche du regard. Félicity apparaît dans l'encadrement de la porte en fauteuil roulant. Ses traits sont tirés, mais son sourire est radieux.

- Je suis là, mon amour... Tu pleures ? Ahah.

- Peut-être bien... Comment tu te sens ?!

- Je vais bien, ne t'inquiète pas.

- Vous voulez essayer de les mettre au sein ?

- Oui, s'il vous plaît.

Les auxiliaires aident Féli à installer les bébés pour la tétée, et mon cœur déborde de bonheur à chaque seconde qui passe. Je ne pourrais rêver d'une plus belle image. J'ai l'impression de tomber amoureux d'elle encore une fois, comme si c'était la première.

- Et alors, ces prénoms ?

- Alexander et Josie...

Elle arque un sourcil, surprise. Le poids des souvenirs et des années se reflétant dans ses yeux.

- Les noms de nos parents ? C'est une mauvaise blague ?

- Non... Je veux que ces prénoms deviennent autre chose. Une nouvelle histoire. Pas la leur.

Elle semble hésiter à l'évocation de ces noms, puis elle sourit faiblement. Les prénoms d'Alexander et de Josie ont toujours eu un poids sombre dans nos vies, une ombre à laquelle nous souhaitons aujourd'hui donner une lumière nouvelle. Elle me fixe, son regard s'adoucissant.

- Comment tu as eu cette idée... ?

- Ces prénoms, je les ai longtemps rejetés. Comme si les prononcer pouvait raviver les blessures qu'ils m'ont laissées. Mais aujourd'hui, j'ai envie de les transformer. De leur redonner un sens. Alexander, ce n'est plus ton père. Ce sera notre fils, un garçon que tu porteras sans peur. Un enfant libre d'être aimé comme il le mérite. Et Josie... c'était ma mère, oui. Mais ce prénom, je ne veux plus qu'il rime avec douleur, manipulation, ou abandon. Je veux que Josie devienne une promesse. Une petite fille forte, lumineuse. En les appelant ainsi, je veux prouver que notre histoire n'est pas faite pour reproduire les mêmes schémas. Ces prénoms n'appartiendront plus à ceux qui nous ont brisés... Ils seront portés par ceux qui nous reconstruisent. Puis on pourra les appeler Alex et Jo. C'est mignon, non ?

Elle éclate de rire, un rire qui chasse toutes les ombres.

- J'adore... viens là.

Je m'approche d'elle, je l'embrasse tendrement, déposant un baiser sur le front d'Alex et de Jo, et, en cet instant, une paix profonde s'installe en moi. Dans ce bonheur simple et intense, je sais que tout est enfin à sa place, que mon combat pour échapper au passé m'a mené ici, là où je devais être. Mon bonheur est complet.

Fin.

Publié le 12/07/2026 / 10 lectures
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