Le dos des femmes

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Il s'agit d'un texte déjà publié ici mais très retravaillé pour qu'il s'intégre dans mon second roman : "Presque". J'aimais l'idée du texte original. Je l'ai recyclée. Je n'ai pas honte. Ça m'a demandé quelques heures de travail.

Le dos des femmes m’a toujours fasciné. Lorsqu’Ana cachait un peu de sa peau sous une bagatelle d’étoffe, une babiole en dentelle, cela me mettait dans tous mes états. Moi bien meilleur au sprint que pour les courses de fond, j’en demandais trop à mon corps, alors, parfois, de plus en plus souvent au fur et à mesure que mon âge avançait, je me suis réfugié, pour temporiser quelque peu, dans l’angle mort d’Ana. Mes mains alors glissant sur son verso sous d’odorantes huiles érotiques n’étaient pas que prétextes, mais elles l’étaient aussi. Comme avant la fin d’un match qu’on gagne, je jouais, je l’avoue, la montre, j’abusais des arrêts de jeu. Le pile des femmes est à l'érotisme ce que le vestiaire est aux premières divisions : un espace au cœur de l’action pour retrouver son souffle et où, attentif au moindre signe, envisager de nouvelles incursions qui pourraient faire marquer l’équipe.


Publié le 13/08/2026 / 12 lectures
Commentaires
Publié le 15/08/2026
Merci, Un fils de Louis pour ce texte magnifique. C'est un très beau texte qui utilise le champ lexical du sport pour parler du désir, du vieillissement et de ses propres limites physiques. Un texte sensuel et métaphorique, porté par beaucoup d’humour. J’aime particulièrement ce côté tendre où le désir ne disparaît pas avec le temps, mais se métamorphose, inventant d’autres façons de jouer, de respirer et de continuer la partie.
Publié le 15/08/2026
Merci beaucoup, Martin. Travailler encore et encore. Poncer, poncer. Ne pas admettre la moindre rugosité. "Lorsqu’il est arrivé qu’Ana cachât quelques parcelles de son épiderme sous une bagatelle d’étoffe, une babiole en dentelle, cela me mettait dans tous mes états. Mon âge avançant, je n’ai parfois dû mon salut qu’aux arrêts de jeu concédés par ma partenaire quand elle laissait à mes mains le privilège d'enduire son dos d’enivrantes embrocations. Le verso d’Ana était alors à nos ébats ce que le vestiaire est à la D1, une pause au cœur de l’action où retrouver son souffle et où, attentif au moindre signal, l’on envisage de nouvelles incursions pour faire marquer l’équipe. " ;-)
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