Poussière d’enfance - L’écho d’un Bing-Bang intérieur

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Il y a des enfances qui saignent.
Assises devant la télévision.
Les doigts plantés dans l’accoudoir.
Le regard vide.

Les dessins animés n’arrivent pas à étouffer
les cris qui tonnent dans les oreilles.
Des lueurs d’orages.

Derrière des ombres s’agitent.
Elles ne sortent pas des placards
ni du dessous des lits.
Elles, elles frappent le jour comme la nuit,
elles creusent les tympans,
ouvrent des abîmes,
peuplent les rêves en cauchemars.

Je suis parti ailleurs
où personne ne pouvait m’atteindre.
Réellement.

Assis devant le poste de télé,
Je revisite ma vie d’enfantôme.

Les doigts autour d’une tasse de café fracturée,
fragments recollés de mémoire.

L’ironie me fait rire.

Sur ma main des taches de vieillesse
recouvrent les rides de mes nombreux printemps.
Et s’effrite peu à peu ma mémoire.

Le regard plongé dans le scintillement des étoiles.
Radiotélescope.
Un Bing-Bang

Le BING-BANG

Initial

 

(Texte non-libre de droits)


Publié le 10/08/2026 / 28 lectures
Commentaires
Publié le 14/08/2026
On retrouve vraiment le côté enfantin des cauchemars, comment l'enfant y réagit. Je pense aussi à la présence d'un traumatisme infantile à cause des horreurs des chaînes d'infos en continu. Pour ne pas tuer la poésie de l'innocence il convient de la chercher ailleurs. Je suis bien d'accord !
Publié le 14/08/2026
Merci Lucie pour ton commentaire. J’aime beaucoup ton idée de chercher la poésie de l’innocence ailleurs, loin de ce qui vient parfois la fissurer. Et si la poésie permettait justement de transformer ces traces en quelque chose qui continue de vibrer autrement? L’enfance est cette période où l’on absorbe tant de choses. Certaines images ou certains sons peuvent continuer à résonner ou à nous habiter, sans qu’on les comprenne encore tout à fait.
Publié le 15/08/2026
J’aime ce texte .Il me parle terriblement et malgré sa gravité il se dégage une forme de sérénité, de sagesse, d’apaisement.
Publié le 16/08/2026
Merci pour ton commentaire, Ioscrivo. Nous portons tous des blessures. Oui, avec le temps, elles guérissent et des cicatrices se forment. Puis, peu à peu, on fait la paix avec soi-même, on devient plus serein. Ce qui est passé ne changera pas. Pourquoi y rester attaché ? On l’écrit, on le dépose, puis on continue à respirer.
Publié le 07/09/2026
« Vos poussières d’enfance » vous les décrivez à cœur ouvert, chaque mot porte une douleur palpable. Mais rien n’est perdu, l’homme s’est construit et la sagesse de l’âge porte un regard doux sur le passé. J’aime beaucoup « ma vie d’enfantôme ». Merci Martin pour ce partage.
Publié le 07/09/2026
Merci MaBaco pour votre commentaire. Oui, il y a eu de la douleur ; on peut la déposer sur une page pour qu'elle aboutisse ailleurs qu'en soi, puis on tourne la page et on continue. Je contemple la cicatrice et je fais la paix. Les cicatrices sont là pour nous rappeler certains éléments du passé, mais j'essaie d'y appliquer un peu de poussière d'or comme dans l'art japonais du Kintsugi.
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