Il y a des enfances qui saignent.
Assises devant la télévision.
Les doigts plantés dans l’accoudoir.
Le regard vide.
Les dessins animés n’arrivent pas à étouffer
les cris qui tonnent dans les oreilles.
Des lueurs d’orages.
Derrière des ombres s’agitent.
Elles ne sortent pas des placards
ni du dessous des lits.
Elles, elles frappent le jour comme la nuit,
elles creusent les tympans,
ouvrent des abîmes,
peuplent les rêves en cauchemars.
Je suis parti ailleurs
où personne ne pouvait m’atteindre.
Réellement.
Assis devant le poste de télé,
Je revisite ma vie d’enfantôme.
Les doigts autour d’une tasse de café fracturée,
fragments recollés de mémoire.
L’ironie me fait rire.
Sur ma main des taches de vieillesse
recouvrent les rides de mes nombreux printemps.
Et s’effrite peu à peu ma mémoire.
Le regard plongé dans le scintillement des étoiles.
Radiotélescope.
Un Bing-Bang
Le BING-BANG
Initial
(Texte non-libre de droits)