Se retrouver, peut être.

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Se séparer, toujours.

Se retrouver, peut être.

 

Le mouchoir perclu d’attente.

Je trouverai bien un subterfuge.

Une éclosion pour revenir.

Hanter les souvenirs.

Fouler la terre, de notre empreinte.

 

Se séparer, toujours.

Se retrouver, peut être.

 

Dense émotion, je me noie.

Harcelé, victimé, à demi vide.

Pris au piège mais terriblement,

Iréssistiblement vivant.

Délesté de ma peau blanche.

 

Se séparer, toujours.

Se retrouver, peut être.

 

Danse confuse, je ressasse.

Les actes manquées, la paresse.

Penser, je n’ai de cesse.

Comme pour mieux.

Sans te dire adieu.

M’écarter de la promesse.

 

Se séparer, toujours.

Se retrouver, peut être.

 

Du sable écoulé de mes mains.

Il ne restera rien.

De ces mots lourds à peser.

Il ne restera rien.

De cette absence la plus noire.

Il ne restera rien.

Le passage mortel se renferme.

Enfin.

 

Se séparer, toujours.

Se retrouver, peut être.

 

Se séparer pour toujours.

Se retrouver pour être.

 


Publié le 10/08/2026 / 20 lectures
Commentaires
Publié le 10/08/2026
Toujours une belle plume de poète !
Publié le 10/08/2026
Je me sens bien dans le peuple des mots, ça doit surement y être pour quelque chose. Merci pour ton empathie. :)
Publié le 11/08/2026
Ce que j'aime dans cette communauté que nous formons, c'est de rencontrer des styles très diversifiés, c'est enrichissant et parfois, avec certains auteurs, des connexions se tissent. J'aime te lire.
Publié le 14/08/2026
Je confirme ! Echanger les uns avec les autres, avec différentes intelligences, ça fait grandir ! Surtout avec gentillesse et sans jugement (Mon dieu, oui, sans jugement ! (c'est sorti du cœur (rires))).
Publié le 14/08/2026
Comme tu l'exprimes Lucie, un lieu de bienveillance et de partage, rare et précieux de nos jours ;)
Publié le 10/08/2026
Ioscrivo, ton texte est d’une grande intensité. Ton poème a tout d'un slam : j’en sens la scansion, le rythme intérieur et la force de cette litanie qui revient comme un balancier : « Se séparer, toujours. Se retrouver, peut-être. » On voyage avec toi à travers cette douleur : l'attente qui pèse, la mise à nu sans aucun fard, et ce vertige de la pensée qui tourne en boucle autour des non-dits et des regrets. On sent la peau qu'on arrache pour pouvoir enfin respirer. Et puis vient ce « Enfin », cette délivrance presque silencieuse. Ta fin est d'une beauté bouleversante. Ce glissement vers le « pour toujours » et le « pour être », c'est le signe que même au bout du chagrin, il reste la vie, debout. C'est magnifique, poignant et vrai.
Publié le 10/08/2026
Merci vraiment Martin. J’apprécie ton analyse et ce parallèle avec la musique. Clamer, scander, slamer, chanter, exulter c’est donner une autre dimension aux mots!
Publié le 14/08/2026
Quelle élégance ! Malgré la douleur tenir, la séparer de soi (du moins essayer). Et être "irrésistiblement vivant". Mais oui ! L'humain est ainsi, ses émotions sont sa vie, entre joie et souffrance. Merci pour ce magnifique poème !
Publié le 14/08/2026
Merci énormément. Il m’a fallu beaucoup pour me détacher. J’y parviens enfin. C’était surement rassurrant au fond.
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